Le 5 mai, est célébrée la "Journée d'hommage aux Espagnols et aux Espagnoles déportés et décédés à Mauthausen et dans d'autres camps et à toutes les victimes du nazisme en Espagne", instituée par le gouvernement espagnol. Elle coïncide avec la libération en 1945 du camp de Mauthausen.
Plus de deux cents Basques ont subi l'horreur de la déportation entre 1940 et 1945 pour avoir défendu la démocratie -représentée par le gouvernement basque et la Deuxième République espagnole les années précédentes-.
| NOM | LIEU DE NAISSANCE / RÉSIDENCE | DATE | RÉSISTANCE FRANÇAISE | DEPORTATION | DOCUMENTS D'INTÉRÊT |
|---|---|---|---|---|---|
| AGUILAR OLMO, ELÍAS | IRUN | 21/22-04-1917 | - | Mauthausen: 05-08-1941 / 05-05-1945 | |
| AGUIRRE SALABERRIA, JOSÉ MARÍA | MARKINA, Bizkaia / IRUN | 25-03-1919 | - | Mauthausen: 13-12-1940 / 05-05-1945 | |
| ALZURI LARRECHEA, GUILLERMO | ARANAZ / IRUN | 31-12-1905 | 01-02-1943 / 11-04-1945 | Buchenwald: 01-11-1943 / 29-01-1944 | |
| ALZURI LARRECHEA, JOSÉ | IRUN | 23-03-1912 | 1943 | Buchenwald: 13-11-1943 / 25-05-1945 | |
| ARANGUREN ARRIZABALAGA, SEGUNDO | SAN SEBASTIÁN / IRUN | 02-05-1908 | - | Mauthausen: 03-04-1941 / 05-05-1945 | |
| BERBEL HITA, ANTONIO | IRUN | 18-07-1905 | 07-1940 / 26-07-1943 | Buchenwald: 29-01-1944 / 11-04-1945 | |
| BUSTO OCA, MARIANO | Cuzcurrita del Río Tirón, LA RIOJA / IRUN | 01-12-1896 | - | Buchenwald: 29-01-1944 Décédé: 05-04-1944 |
|
| CASAL AÑORGA, JOSÉ | IRUN | 12-03-1920 | - | Mauthausen: 03-04-1941 Décédé: 15-01-1942 |
|
| DUPAIN MUGURUZA, LUIS | IRUN | 16-12-1923 | 01-04-1943 / 07-04-1943 | Buchenwald: 18-09-1943 / 11-04-1945 | |
| ESNAL IRAZUSTA, JUAN JOSÉ | LEZO / IRUN | 29-09-1904 | - | Buchenwald: 19-01-1944 | |
| GALVEZ ARIAS, FRANCISCO | Chiclana de la Frontera, CADIZ / IRUN | 06-01-1891 | - | Mauthausen- Gusen: 25-01-1941 Décédé: 09-04-1941 |
|
| GARCIA DE DIEGO, PEDRO SEVERO | IRUN | 06-11-1904 | 16-06-1943 / 21-02-1944 | Buchenwald/Rosslau: 25-02-1944 / 17-04-1945 | |
| GARCÍA PEREZ, ENRIQUE | OLAZAGUTIA / IRUN | 21-09-1904 | - | Mauthausen-Gusen: 07-04-1941 Décédé: 21-01-1942 |
|
| GARCÍA-SERRANO RETEGUI, VÍCTOR | BERA DE BIDASOA / IRUN | 23-08-1916 | - | Neuengamme: 24-04-1944 Disparu |
|
| HALLI FERRERO, EUGENIO | BERA DE BIDASOA / IRUN | 25-02-1911¿? | - | Buchenwald/Bergen-Belsen: 19-01-1944 / 15-04-1945 | |
| HAZEN IRIARTE, JUAN | IRUN | 01-04-1886 | 01-02-1943 / 14-04-1945 | Buchenwald: 29-01-1944 / 07-06-1945 | |
| HERRERO BARRENO, AGUSTÍN | Otero de Herreros SEGOVIA / IRUN | 27-09-1913 | - | Buchenwald: 02-08-1944 | |
| HUERTA ECHEVERRIA, SANTIAGO | IRUN | 25-07-1912 | 07-1940 / 14-12-1943 | Buchenwald: 16-12-1943 / 25-05-1945 | |
| IBAÑEZ IZCO, LORENZO | IRUÑA / IRUN | 4/5-09-1885 | - | Dachau: 28-08-1944 Décédé: 15-01-1945 |
|
| LECUONA RECARTE, CARLOS | IRUN | 04-11-1926 | ¿? | Neuengamme/Sachsenhausen/Bergen-Belsen: 07-06-1944 / 25-04-1945 | |
| MARTIARENA AMANTEGUI, JOSÉ FRANCISCO | IRUN | 05-10-1912 | Ravensbrück: 24-05-1944 Disparu: 20-04-1945 |
||
| MARTINEZ EIZAGUIRRE, FELIX | IRUN | 12-07-1909 | 17-06-1943 / 25-02-1944 | Rheinbach/Ziegenhain/Buetzow: 25-02-1944 / 03-05-1945 | |
| MARTINEZ EIZAGUIRRE, FRANCISCO | IRUN | 04-10-1911 | - | Mauthausen: 26-04-1941 Décédé: 06-11-1941 |
|
| MICHELENA OYARZABAL, MANUEL | IRUN | 12-08-1918 | 01-02-1943 / 29-01-1944 | Buchenwald/Mittelbau: 29-01-1944 / 11-04-1945 | |
| MICHELENA OYARZABAL, MARTÍN | IRUN | 13-09-1916 | 01-02-1943 / 29-01-1944 | Buchenwald/Mittelbau: 29-01-1944 / 11-04-1945 | |
| RETEGUI ECHEVERRIA, VICENTE | IRUN | 02-11-1908 | - | Buchenwald/Flossenbürg: 19-01-1944 Décédé: 23-05-1944 |
|
| RODRÍGUEZ GARCÍA, FRANCISCO | Torquemada, PALENCIA / IRUN | 24-07-1905 | - | Mauthausen- Gusen: 03-04-1941 Décédé: 02-01-1942 |
|
| VILLANUEVA DE LA NOYA, VIDAL | Bozoó-Villanueva-Soportilla, BURGOS / IRUN | 01-12-1899 | - | Mauthausen: 24-08-1940 Gusen: 24-01-1941 Décédé: 09-03-1941 |
|
| ZUAZO DEL PUERTO, RAMÓN | Bozoó-Villanueva-Soportilla, BURGOS / IRUN | 01-04-1917 | - | Dachau Évadé: 22-09-1944 |
|
| ZUBIZARRETA LAZKANO, TOMÁS | ZUMAIA / IRUN | 15-04-1907 | - | Neuengamme/Bergen- Belsen: 24-05-1944 Décédé: 10-02-1945 |
|
| PEREA BUSTOS, LUIS | HENDAIA | - | - | Mauthausen: 26-04-194 / 05-05-1945 | |
| CHRISOSTOME, SIMONE | HENDAIA | - | - | Ravensbrück: 29/08/1943 / 30/04/1945 | - |
La guerre civile a été l'origine et la cause de l'arrivée des Basques dans les camps de concentration du Troisième Reich.
Lorsque les troupes de Franco ont occupé la Catalogne, un demi-million de personnes se sont exilées, le plus grand exode de l'histoire de la péninsule ibérique. Parmi eux 6000 hommes basques qui avaient combattu dans l'armée de la République.
Ces exilés arrivés en France ont été enfermés dans des camps d'internement sur les plages d'Argelès-sur-Mer et autres, dans des conditions extrêmes; en avril, la plupart d'entre eux ont été transférés au camp de Gurs, dans le département des Bajos Pyrénées.
Le gouvernement français a réussi à faire en sorte que la moitié des exilés finissent par retourner en Espagne. Il a également rendu possible l'exil vers des pays tiers, principalement l'Amérique. Plus tard, il autorisa l'embauche d'exilés dans les secteurs agricole ou industriel.
Lorsque l'Allemagne envahit la Pologne en septembre 1939, la situation changea considérablement; des milliers d'exilés ont été contraints de rejoindre l'armée française. Beaucoup d'entre eux s'enrôlent dans les CTE (Compagnies de Travailleurs Etrangers), organisme dont l'objectif est d'aider l'armée française dans les tâches de fortification.
Mais tout a changé en mai 1940, lorsque l'armée allemande a conquis la France. Parmi les presque trois millions de combattants emprisonnés se trouvait un nombre indéterminé de Basques. Ces prisonniers ont été transférés au stalag -camps de prisonniers sous juridiction militaire dispersés dans toute l'Allemagne-.
Dès août 1940, les prisonniers de nationalité espagnole sont séparés du reste et commencent à être remis aux SS et c'est à ce moment que les Espagnols capturés en France perdent leur statut de prisonniers de guerre pour devenir des déportés politiques (Rotspanienkämpfer).
L'ordre qui a ratifié ce changement de statut a coïncidé avec la visite que Ramón Serrano Suñer -Ministre de l'Intérieur- a effectuée à Berlin. Bien qu'une implication directe n'ait pas été prouvée, il est clair que le gouvernement espagnol était au courant du sort des républicains espagnols déportés.
La déportation commença le 6 août 1940, avec l'arrivée de certains d'entre eux à Mauthausen, et dura jusqu'au 6 mai 1945, date à laquelle le dernier groupe fut relâché dans le camp satellite d'Ebensee.
On peut distinguer deux phases dans cette déportation:
La libération de Mauthausen a eu lieu le 5 mai 1945. Cependant, le lendemain, les soldats américains sont entrés à Ebensee, dans ce centre le dernier groupe de Basques a été libéré et avec cela la déportation nationale-socialiste a pris fin.
Malgré le fait que la plupart des déportés basques nourrissaient l'espoir qu'après la Seconde Guerre mondiale, les Alliés évinceraient Franco du pouvoir, cela ne s'est jamais produit et la plupart d'entre eux ont dû continuer à vivre en France.
* Texte de synthèse du document "La déportation des Basques vers les camps du Troisième Reich (1940-1945)" édité par Gogora (Institut pour la Mémoire, la Coexistence et les Droits de l'Homme) en mai 2020. Ouvrage réalisé par Etxahun Galparsoro Ansola avec Josu Chueca et Beñat Iturrioz Pérez.
"En souvenir du sang versé par tous les peuples et des millions d'êtres humains sacrifiés, assassinés, immolés par le fascisme nazi, nous jurons de ne jamais abandonner le chemin que nous nous sommes tracé. Sur la base de la communauté internationale nous voulons ériger, aux soldats de la liberté tombés dans ce combat sans trêve, le plus beau monument: LE MONDE DE L'HOMME LIBRE.
Nous nous adressons au monde entier pour dire: Aidez-nous dans cette tâche.
Vive la solidarité internationale!
Vive la liberté!"
Par ces mots signés par les comités clandestins de toutes nationalités, les prisonniers politiques de Mauthausen scellent le 16 mai 1945 leur engagement à faire connaître au monde la vérité sur les cruautés qui y sont commises afin que justice soit rendue et les dégâts réparés, mais surtout tout cela pour que l'humanité apprenne que la liberté et la solidarité entre les peuples sont le moyen d'empêcher que cette ignominie ne se reproduise.
Fidèle à cet engagement, Tomás Jemes a écrit les Mémoires que nous présentons dans ce livre, jalousement gardés par ses proches jusqu'à ce qu'ils décident enfin de voir le jour.